Viens, je t'emmène faire un tour  en Vexin,

Un tour au manoir,

 

Le manoir de VILLARCEAUX

On suppose que l’histoire commence au XIe ou au XIIe siècle avec un petit châtelet en bois

auprès duquel Louis VII fonde un prieuré bénédictin de femmes.

Un siècle plus tard apparaît la seigneurie de Villarceaux.


Au XVe siècle, un véritable château fort succède à la simple maison fortifiée des origines : le domaine fait partie de la ligne de défense frontalière du royaume de France.
À la Renaissance, il s’agrandit et devient une vaste propriété agricole et une résidence de plaisirs.

Les jardins et plans d’eau sont alors redessinés selon le goût de l’époque, moins austère, influencé par l’Italie.

Plus tard, sous le règne de Louis XIV, Ninon de Lenclos, maîtresse du marquis de Villarceaux, « capitaine de la meute du roi pour le renard et le lièvre »,

séjournera quelques années au manoir.

 

http://www.villarceaux.iledefrance.fr/bienvenue-villarceaux/visite-du-domaine

 

 

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Les lignes qui suivent, sont le résumé du texte de M. Thierry Labussière,

Conservateur du Domaine de Villarceaux


L’histoire pourrait ainsi commencer:

« Un beau matin de l’an de grâce 1620 venait au monde, à Paris, Anne de Lenclos, dite Ninon » fille de Marie Barbe , dévote et dépressive, et d'Henry de Lenclos débauché et ruiné,

La petite Anne est nourrie, à la fois, des sermons chrétiens de sa mère et de la philosophie épicurienne de ce père qu'elle adore, et qui l'adore et qui l’affuble de surnoms affectueux. Il trouve un jour que celui de Ninon convient parfaitement à sa petite Anne.

Elle le conservera toute sa vie.

Très vite, Ninon se détourne petit à petit des livres de piété de sa mère, et dévore tous les ouvrages de la bibliothèque paternelle. Elle apprend l’italien et l’espagnol, les mathématiques et la philosophie, la musique et la danse. Elle s’exerce à l’art difficile de la conversation dans les salons des belles dames du Marais, fréquentés par son père.

Henry de Lenclos jubile: sa fille échappera aux bigotes de la cour !

Dans un siècle où l’éducation des filles se résume à savoir (souvent mal) suivre la messe et à signer (maladroitement) de son nom, Ninon, par son éducation et sa culture détient un incomparable avantage sur ses contemporaines.

Dans les hôtels du Marais, elle assiste au jeu, souvent cruel, de l’amour et de la rupture, découvre la lâcheté des hommes et la dépendance des femmes, l’hypocrisie du monde et la grandeur des amitiés vraies.

Le malheur cependant va fondre sur l’enfant : elle n’a pas dix ans lorsque son père, pris dans une sombre histoire d’adultère, assassine Louis de Chabans, sieur du Maine, gentilhomme ordinaire de la Chambre, conseiller d’Etat, gouverneur de Sainte-Foy et général d’artillerie de la Sérénissime de Venise. Une vilaine affaire qui ruina définitivement la réputation des Lenclos.

Henry fuit Paris, il va se cacher durant plus de 16 ans dans la Dauphiné et Ninon va pleurer ce père, recherché et jamais retrouvé par la justice du roi.

Les années passent et voici que Ninon a quinze ans.

Sachant le mariage impossible à une fille laissée sans un sou par un père criminel et désireuse d’assurer l’avenir de Ninon, une seule solution apparaît aux yeux de sa mère et des dévotes qui la soutiennent financièrement: le couvent, et pire encore : le carmel qui accueille les postulantes sans dot !

On imagine la réaction de Ninon : elle refuse absolument cette idée qui la révulse. Elle crie, elle menace, elle argumente, elle se révolte tant qu’en toute conscience et parce qu’elle craint d’être laissée sans ressources, Marie-Barbe laisse Ninon libre de ses agissements.

Au vu de ce qu’est le Marais de cette époque, haut lieu de la vie mondaine mais également temple des mœurs les plus légères, la mère de Ninon accepte sans difficulté de faire une croix sur la vertu de sa fille et la livre à un quartier de bordels.

Le destin de Ninon, dés lors semble scellé: elle sera une catin de luxe et Marie-Barbe, toute prières dites, espère en toucher les bénéfices.


En quelques années, Ninon devient une des reines de Paris.

Son salon est fréquenté par les plus grands personnages du royaume : Condé, la Rochefoucauld, Moliere, le jeune duc d’Orléans (futur régent), la Fontaine, Lully, le maréchal de Miossens, le marquis de Sévigné et son fils (qui tous deux, successivement seront ses amants, au grand dam de la marquise ! ), Paul Scarron, Mlle de Scudéry et Mme de Lafayette, Racine ....

Certes , c’est une femme entretenue mais c’est d’abord une femme brillante, intelligente et libre qui assume « honnêtement » sa situation et refuse froidement les avances de qui ne lui convient pas, à l’étonnement des recalés, assurés pourtant que leurs écus leur ouvriraient tous les lits.


Cette « recette » fera sa fortune.

Avec sa réputation de femme, jeune et belle, qui choisit aussi soigneusement ses amants que ses amis et de plus bel esprit de Paris, Ninon devient la reine incontestée de la capitale.


Sa « prière » amuse tout Paris. « Mon Dieu, faites de moi un honnête homme, jamais une honnête femme ! ».

Son salon devient un endroit à la mode, connu dans toute l’Europe et où il faut être vu !

On intrigue pour y être reçu.

On le maudit quand  on y est refusé.

La reine Christine de Suède, à peine débarquée à Paris, demande où elle peut rencontrer « mademoiselle de Lenclos dont on  dit de si grandes choses… »,

C'est un soir d’avril 1652, qu' elle rencontre Louis de Morany marquis de Villarceaux, dans le salon du poète Paul Scarron.

Il a 33 ans, il est beau , riche, cavalier émérite, sportif accompli, militaire courageux, homme d’esprit à la réputation de bon amant !

 

Au printemps 1653, Louis et Ninon sont à Villarceaux.

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Ninon découvre les bassins, les caisses de fleurs, les allées de tilleuls, les terrasses italiennes, propices aux serments et aux jeux amoureux.

On fait de la musique dans les cabinets de verdure, on y joue la comédie, on chasse et l’on offre de magnifiques soupers aux seigneurs des environs.


Ninon enceinte. Le premier réflexe d’une femme dans sa situation est de vouloir « faire passer » l’enfant, amis ils vont garder l'enfant, et Louis va le reconnaitre pardevant notaire et demandera à Louis XIV de « soulager sa bâtardise ».

Petit à petit les amants s’ennuient, les chemins se décroisent.

Ninon reprend sa vie parisienne. Louis chasse déjà un autre gibier, mais les liens qui les unissent sont forts. Jusqu’à la mort de Louis, ils resteront amis.


Pour Ninon, Villarceaux a été son plus grand amour. Sa seule passion véritable. Le seul enfant qu’elle ait eu. Son salon est toujours aussi fréquenté. D’autres amants passeront. Elle est toujours aussi belle : l’eau de la fontaine de jouvence, à Villarceaux, doit y être pour quelque chose.

Les années passent…


Louis s’éteint le 21 février 1691, dans son château de Villarceaux, seul et ruiné.

Il repose dans la chapelle du monastère voisin de Sainte Marie-Madeleine. L’église sera détruite durant la Révolution. Rien ne reste du beau Louis, marquis de Villarceaux.


Les cheveux de Ninon ont blanchi. Souvent, le soir, elle songe à son passé. Que de chemin parcouru. Que de souvenirs, d’amis disparus, de déceptions causées par ses contemporains…

Une vie. Au début de l’année 1704, elle rédige son testament.

« Qu’un vain espoir ne vienne point s’offrir, Qui puisse ébranler mon courage, Je suis en âge de mourir, Que ferais-je ici davantage ? ». Ce « bout rimé » est écrit durant sa dernière nuit. Elle meurt, après avoir communié, au petit matin du 17 octobre 1705 à 82 ans.


Ninon fut inhumée dans l’église Saint Paul prés de la Bastille. L’église fut détruite durant la révolution. Rien ne reste de la belle Ninon. Un surnom, qui lui fut donné par l’écrivain anglais Horace Walpole a traversé le temps : Notre Dame des Amours ! Il aurait, sans nul doute, fait bien rire Ninon de Lenclos

 

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Ninon aurait aimé   LE DOMAINE DE  VILLARCEAUX  d'aujourd'hui 

Ce week end,

c'était JARDIN d'AUTOMNE

A VILLARCEAUX

 

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Au plaisir de vous lire